Il suffit d’une qualification, d’une victoire historique ou d’un moment de joie collective pour qu’elle réapparaisse comme une évidence. Plus de quarante ans après sa création, la chanson « Mabrouk Alina » du regretté Rabah Driassa continue d’accompagner les plus grands moments de bonheur des Algériens. Si elle est indissociable des exploits de l’équipe nationale de football, son écho dépasse largement le cadre sportif pour accompagner, au fil des décennies, les succès et les célébrations qui marquent la vie du pays.
À l’occasion du retour de l’Algérie en Coupe du monde 2026, l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA) a tenu à rappeler l’histoire de cette œuvre devenue un véritable patrimoine populaire, profondément ancrée dans la mémoire collective.
Une chanson née avant une épopée mondiale
Écrite, composée et interprétée par Rabah Driassa en 1981, « Mabrouk Alina » apparaît à un moment charnière de l’histoire du football algérien. Quelques mois plus tard, l’Algérie décroche sa première qualification pour une phase finale de Coupe du monde et s’envole vers l’Espagne pour participer au Mondial 1982.
Très vite, la chanson quitte les studios pour envahir les rues, les cafés, les foyers et les tribunes des stades. Son refrain simple, son rythme entraînant et la voix chaleureuse de Rabah Driassa en font immédiatement un chant de célébration accessible à tous.
L’œuvre devient alors la bande-son de l’une des plus belles pages du sport algérien.
De 1982 à aujourd’hui, la même émotion
Ce qui distingue « Mabrouk Alina » de nombreuses chansons sportives, c’est sa capacité exceptionnelle à traverser les générations sans perdre de sa force émotionnelle.
Après le Mondial espagnol, elle accompagne naturellement le sacre continental de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations de 1990. Puis, à chaque qualification majeure, à chaque victoire marquante des Verts, elle ressurgit spontanément dans les célébrations populaires.
L’exemple le plus frappant reste sans doute la CAN 2019 remportée en Égypte. Dans les rues d’Alger, d’Oran, de Constantine ou encore du Caire, des milliers de supporters ont repris le célèbre refrain, prouvant que la chanson conservait intact son pouvoir fédérateur près de quatre décennies après sa création.
Bien plus qu’une chanson de football
Si « Mabrouk Alina » est souvent associée aux exploits des Fennecs, elle est devenue avec le temps un symbole plus large de la joie collective algérienne. L’élection présidentielle du 16 novembre 1995, qui a porté le défunt général Liamine Zeroual à la magistrature suprême, constitue également l’un des moments où « Hé Ho, Mabrouk Alina » a résonné bien au-delà des stades. Dans un contexte marqué par la violence terroriste et les menaces qui pesaient sur le processus démocratique, la réussite de l’organisation de ce scrutin avait été vécue par une grande partie des Algériens comme une victoire collective. La chanson de Rabah Driassa avait alors accompagné les manifestations de joie populaires, devenant, une fois encore, la bande-son d’un moment considéré comme historique pour le pays.
On l’entend lors des victoires sportives, mais aussi à l’occasion de nombreuses célébrations nationales. Chaque génération se l’approprie à sa manière, faisant de cette œuvre un élément du patrimoine culturel vivant de l’Algérie.
Cette longévité doit beaucoup à son auteur, Rabah Driassa, figure incontournable de la chanson algérienne. Tout au long de sa carrière, l’artiste a su conjuguer authenticité, identité nationale et proximité avec le public, laissant derrière lui un répertoire qui continue de traverser le temps.
Le retour des Verts réveille un classique
Aujourd’hui, alors que l’Algérie s’apprête à retrouver la scène mondiale lors de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, « Mabrouk Alina » refait naturellement surface.
Comme en 1982, comme en 1990 ou en 2019, la chanson semble prête à accompagner une nouvelle génération de supporters et de joueurs dans leur quête de succès. Plus qu’un simple morceau musical, elle est devenue une mémoire collective chantée, un rituel de célébration qui se transmet d’une époque à l’autre.
Et chaque fois que l’Algérie écrit une nouvelle page de son histoire, sportive ou nationale, une même mélodie revient rappeler que certaines chansons ne vieillissent jamais.










