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Algérie-Espagne : Jose Manuel Albares à Alger, le grand dégel se confirme

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Algérie-Espagne : Jose Manuel Albares à Alger, le grand dégel se confirme

Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a été reçu jeudi par le président Abdelmadjid Tebboune. Entre normalisation politique et explosion des échanges commerciaux, Madrid veut sécuriser son statut de «partenaire stratégique» dans une Méditerranée en mutation.

C’est une visite qui scelle définitivement la fin de la «brouille» diplomatique. José Manuel Albares Bueno, ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, a affiché jeudi à Alger un optimisme tranchant avec les tensions qui avaient marqué les relations bilatérales entre 2022 et 2024.

Reçu en audience par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le chef de la diplomatie ibérique a multiplié les superlatifs, qualifiant l’Algérie de « partenaire stratégique » et d’« ami » avec lequel l’Espagne partage des intérêts vitaux en Méditerranée et en Afrique.

Le retour au « caractère privilégié »

Cette visite marque l’aboutissement d’un long processus de normalisation entamé après le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Madrid en 2022, suite au revirement de Pedro Sánchez sur le dossier du Sahara occidental. Si Alger a repris ses exportations et nommé un nouvel ambassadeur fin 2023, le déplacement d’Albares confirme, selon ses mots, le « caractère privilégié » de la relation.

« L’Algérie est un voisin avec lequel nous partageons des liens étroits, notamment en matière d’avenir et de stabilité », a souligné le ministre, exprimant sa gratitude pour l’accueil chaleureux reçu au palais d’El Mouradia.

Économie : Le bond spectaculaire de 2025

Le volet économique est sans doute l’indicateur le plus parlant de ce réchauffement. Après deux années de restrictions commerciales qui avaient lourdement pénalisé les entreprises espagnoles, les vannes sont de nouveau ouvertes.

M. Albares a dévoilé des chiffres records : 8,5 milliards d’euros de volume global des échanges commerciaux atteint en 2025. Les exportations espagnoles vers l’Algérie ont triplé en un an par rapport à l’exercice précédent. Plus d’une centaine de firmes espagnoles opèrent actuellement sur le marché algérien, couvrant des secteurs allant de l’énergie au BTP.

Pour maintenir ce « dynamisme », le ministre a rencontré jeudi soir des chefs d’entreprises espagnoles établies en Algérie afin de lever les derniers obstacles logistiques et bancaires.

Langue et culture : Cap sur Oran

La diplomatie espagnole mise également sur le soft power. José Manuel Albares se rendra vendredi à Oran, ville historiquement liée à l’Espagne, pour l’inauguration d’un nouveau centre Cervantes. Ce déploiement culturel vise à consolider les « ponts humains » entre les deux peuples, la langue espagnole connaissant un regain d’intérêt notable dans l’enseignement supérieur algérien.

Alors que l’Italie a profité de la crise algéro-espagnole pour devenir le premier partenaire gazier de la péninsule, Madrid semble déterminée à rattraper son retard. En réaffirmant le rôle de l’Algérie comme pilier de la stabilité africaine, l’Espagne tente de s’aligner sur la vision d’Alger pour peser à nouveau dans les dossiers régionaux complexes, du Sahel à la Libye.

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