L’Algérie a réaffirmé, à New York, son soutien au droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination, appelant à inscrire tout règlement de la question dans le cadre de la doctrine des Nations unies en matière de décolonisation.
Intervenant lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a estimé que les négociations sur le Sahara occidental doivent être menées « de bonne foi » et dans le respect de la référence onusienne.
Il a notamment mis en garde contre toute tentative de contourner cette référence ou de marginaliser « les détenteurs du droit originel », à savoir, selon l’Algérie, le peuple du Sahara occidental et son représentant, le Front Polisario.
Ahmed Attaf a également salué la tenue, au début de l’année, de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide des Nations unies, avec l’appui des États-Unis. Il a estimé que leur réussite exige « une volonté sincère » des deux parties en vue de parvenir à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ».
L’Algérie a, par ailleurs, rappelé qu’elle accueille depuis plus d’un demi-siècle des réfugiés sahraouis sur son territoire, réaffirmant que la décolonisation du Sahara occidental doit aboutir à l’exercice par son peuple de son droit à l’autodétermination.
Le Sahel, entre sécurité et développement
Abordant la situation au Sahel saharien, Ahmed Attaf a présenté cette région comme un espace où se croisent les enjeux de sécurité, de développement et de stabilité.
Il a rappelé la position du président Abdelmadjid Tebboune selon laquelle la lutte contre le terrorisme ne peut être abordée sous un angle exclusivement sécuritaire, la sécurité et le développement étant, selon cette approche, étroitement liés.
Dans ce contexte, l’Algérie plaide pour une approche fondée sur le soutien aux efforts sécuritaires et de développement des pays de la région, ainsi que sur l’encouragement du dialogue et de la réconciliation, dans le respect de leur souveraineté, de leur intégrité territoriale et des choix de leurs peuples.
Alger se dit également disposée à accompagner les pays du Sahel saharien face à leurs défis sécuritaires et de développement.
Alger plaide pour une réforme du système onusien
Au-delà des dossiers régionaux, le chef de la diplomatie algérienne a placé la réforme du système des Nations unies au cœur de l’intervention algérienne.
Ahmed Attaf a estimé que cette réforme est devenue une « nécessité » au regard des transformations que connaît le monde et de la nécessité de construire un ordre international « plus juste, plus représentatif et plus équitable ».
L’Algérie appelle ainsi à renforcer le rôle et l’autorité de l’Assemblée générale et à engager une réforme profonde du Conseil de sécurité afin de le rendre « plus représentatif, plus juste et plus efficace ».
Alger demande également la fin de la sélectivité et du « deux poids, deux mesures » dans l’application du droit international.
Dans ce cadre, l’Algérie a réaffirmé son soutien à la position africaine commune, notamment en faveur d’une représentation africaine permanente et équitable au Conseil de sécurité, dotée de prérogatives pleines et entières.
Sur les autres dossiers régionaux, Ahmed Attaf a réaffirmé le soutien de l’Algérie aux droits du peuple palestinien à établir son État indépendant et souverain avec Al-Qods Al-Charif pour capitale, tout en condamnant les agressions israéliennes contre plusieurs pays de la région.
Concernant la Libye, il a réitéré le soutien d’Alger à une solution politique, pacifique et globale conduite par les Libyens eux-mêmes, estimant que la fin des ingérences étrangères constitue un élément essentiel pour permettre la réunification du pays.





