Accueil Actualités Chroniques du Ramadan* de Akram Belkaïd : L’invitation au  voyage

Chroniques du Ramadan* de Akram Belkaïd : L’invitation au  voyage

0
Chroniques du Ramadan* de Akram Belkaïd : L’invitation au  voyage

Avec ses Chroniques du Ramadan de Akram Belkaïd tel un voyageur contemporain, nous invite avec gourmandise à un voyage culturel, festif, culinaire où les repas se partagent (ah la divine Zlabya), sociétal et politique mais aussi spirituel .

D’Alger à Tunis jusqu’au Sinaï en passant par Barbés ou l’ambassade américaine à Paris, l’auteur s’interroge sur ce que le jeûne révèle des sociétés ou des minorités musulmanes ? Une géographie affective déjà parcourue dans Pleine lune sur Bagdad, recueil de nouvelles que pour ma part  j’ai particulièrement apprécié .

Chroniqueur,  nouvelliste, essayiste,  Akram Belkaïd partage avec nous ses réflexions et ses anecdotes pour nous aider à mieux comprendre ce rituel au sein des communautés musulmanes de France et d’ailleurs dont l’objectif premier est de jeuner, prier, s’occuper des autres, ressentir dans son corps ce que les plus démunis éprouvent . Jeuner après Gaza met un bémol à la faim éprouvée lorsqu’on se prive de nourriture jusqu’à la tombée de la nuit avec une perspective de bombance culinaire contrairement aux Palestiniens .

Chroniques du Ramadan sort en France dans un contexte particulier d’islamophobie virulente, où l’Occident psalmodie son chapelet de vérité, où plus rien ne pousse, tout est débris de béton dans un théâtre de guignols comme une impasse, une guerre lasse face à un miroir sans tain, seuls les vents soufflent chaud et harassent les dunes mais Akram Belkaïd fait le pari de l’intelligence des femmes et des hommes de bonne volonté .

Dans ce dixième livre, Akram Belkaïd fait oeuvre, non pas de pédagogie froide, voire desséchée, mais d’une poétique à partir d’un voyage intimiste .

Une écriture qui interroge la possibilité de dire le sensible, la lumière, le spirituel, le refus d’un récit sans narration, le refus de l’ignorance, de la violence politique qui intime de se taire ou de se cacher  .

Un écrit de l’intérieur provoqué par la mort des deux parents évoquée par l’écrivain d’où le lien étroit du récit avec la poésie .

Dans ce onzième livre, par moment, le ciel semble avoir été peint en miroir de  l’Angélus de Millet, comme un chagrin au bord d’un champ avec un soleil qui déplie sa lumière sur nos mémoires fondues dans les larmes des parents orphelins de leur enfant .

* Chroniques du Ramadan, voyage intimiste au coeur du jeûne aux éditions Tallandier

Article précédentTebboune recadre Paris sur le dossier des OQTF