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Crise migratoire à Ceuta : les centres d’accueil débordés après l’arrivée de plus de 1 500 migrants du Maroc

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Crise migratoire à Ceuta : les centres d'accueil débordés après l'arrivée de plus de 1 500 migrants en deux semaines
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La ville autonome espagnole de Ceuta fait face à une nouvelle vague migratoire. Plus de 1 500 migrants, principalement originaires du Maroc ont rejoint l’enclave espagnole en deux semaines. Les structures d’accueil, notamment celles destinées aux mineurs non accompagnés, sont désormais largement saturées.

Les autorités de Ceuta tirent la sonnette d’alarme face à l’afflux continu de migrants. Le président de la ville autonome, Juan Vivas, a indiqué mercredi que plus de 1 500 migrants marocains et subsahariens sont arrivés dans l’enclave au cours des deux dernières semaines. Selon lui, près de 200 personnes atteignent chaque jour les côtes de Ceuta à la nage, malgré les dispositifs de surveillance mis en place à la frontière.

Les centres d’accueil au bord de la saturation

La pression est particulièrement forte sur les structures d’accueil des mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Leur nombre est passé de 180 à 570 en seulement dix jours, portant le taux d’occupation des centres à 1 600 % de leur capacité. Face à cette situation, les autorités locales ont rouvert deux structures d’accueil d’urgence prévues pour les épisodes exceptionnels.

Le Centre de séjour temporaire pour migrants (CETI) est lui aussi arrivé à saturation. Selon des sources policières, près de 400 personnes attendent actuellement de pouvoir y être admises, alors que ses 512 places sont déjà toutes occupées.

Des journalistes présents sur place font également état de la formation d’un campement improvisé aux abords du CETI, où des dizaines de migrants patientent en file dans l’attente d’une place à l’intérieur du centre.

Juan Vivas redoute un scénario similaire à la crise de 2021

Face à l’accélération des arrivées, Juan Vivas estime que Ceuta pourrait rapidement revivre une situation comparable à celle de mai 2021, lorsque près de 10 000 migrants avaient franchi la frontière en quelques jours, provoquant une grave crise entre l’Espagne et le Maroc.

« Si le rythme actuel des entrées se maintient, nous atteindrons bientôt des chiffres proches de ceux de mai 2021 », a averti le président de la ville autonome.

Les autorités espagnoles critiquent la décision de la Cour suprême

Juan Vivas a également critiqué la récente décision de la Cour suprême espagnole concernant la réforme de la loi sur les étrangers de 2024. La haute juridiction a annulé une disposition réglementaire qui assouplissait les obligations des administrations en matière de prise en charge immédiate des mineurs étrangers non accompagnés.

Le président de Ceuta, membre du Parti populaire (PP), plaide de son côté pour une légalisation des « renvois à chaud » des mineurs interceptés à la frontière, une mesure qui reste vivement contestée par les organisations de défense des droits humains.

Les traversées se poursuivent malgré les contrôles

Selon la Garde civile espagnole, les forces marocaines participent à l’interception des migrants du côté marocain de la frontière. Malgré cette coopération, de nombreuses personnes continuent de rejoindre Ceuta à la nage, notamment en contournant les dispositifs de sécurité jusqu’à la jetée sud de la plage du Tarajal, principal point de passage entre le Maroc et l’enclave espagnole.

Cette nouvelle vague migratoire remet la pression sur les infrastructures de la ville autonome, dont les capacités d’accueil apparaissent désormais largement dépassées.

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