L’acteur et artiste algérien Abdelaziz Guerda est décédé lundi 17 août 2026 à l’âge de 79 ans, a annoncé l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA). Figure du théâtre, du cinéma et de la télévision, il laisse derrière lui une carrière de plusieurs décennies, entamée dans les années 1960 et marquée par de nombreux rôles et expériences de mise en scène.Le monde artistique algérien perd l’une de ses figures familières. Abdelaziz Guerda, comédien et homme de théâtre, est décédé lundi à l’âge de 79 ans. L’annonce de sa disparition a été faite par l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA).
Né le 2 décembre 1946 à la Casbah d’Alger, Abdelaziz Guerda avait consacré l’essentiel de sa vie au théâtre, au cinéma et à la télévision.Son parcours artistique remonte aux années 1960. Il s’était formé au sein de l’Institut national des arts dramatiques et avait progressivement construit une carrière au théâtre avant de s’illustrer également devant les caméras.
Une longue histoire avec les planches
Avant d’être identifié par le grand public grâce à la télévision, Abdelaziz Guerda était avant tout un homme de théâtre. Au fil de sa carrière, il participe à plusieurs productions qui témoignent de la richesse du théâtre algérien de l’après-indépendance. Parmi les œuvres auxquelles il a pris part figurent notamment La Cadavre encerclé de Kateb Yacine, Djouha vend son âne, Bab El-Foutouh d’Alfred Farag, El Alag d’Abdelkader Alloula, Dèm El Ahrar, Afrit ou Hafouh, El Aqda El Jawhar, Ghobret El F’hama de Kateb Yacine, Zait Maït ou Nekaz El Hit de Mohamed Touri et La Maison de Bernarda Alba.
Guerda ne s’est pas limité au métier de comédien. Il s’est également essayé à la mise en scène. Il signe notamment en 2001 la mise en scène de Slimane El Louk, avant de réaliser Super Miiir, une adaptation théâtrale montée au Théâtre régional de Tizi Ouzou. Cette dernière œuvre, présentée comme une comédie, abordait notamment les jeux de pouvoir et les ambitions personnelles à travers une campagne électorale municipale. La mise en scène était signée Abdelaziz Guerda, avec une distribution réunissant plusieurs comédiens du théâtre algérien.
Du théâtre à la télévision
Le grand public algérien a également découvert Guerda à travers la télévision. Il apparaît notamment dans Nass Mlah City, série populaire dans laquelle il interprète différents rôles, ainsi que dans Azraa Yenbet, Binatna, Rendez-vous avec le destin, Bin El Bareh Ouel Youm et Dar El Bahdja. Il participe également à la série Achour 10.
Sa présence dans Nass Mlah City contribue particulièrement à l’identifier auprès d’une nouvelle génération de téléspectateurs. La série, diffusée au début des années 2000, compte parmi les productions télévisées algériennes populaires de cette période. Les bases de données consacrées à la série recensent Abdelaziz Guerda parmi sa distribution. Cette capacité à passer du théâtre à la télévision lui permet de toucher des publics différents, sans jamais rompre avec son attachement aux planches.
Une filmographie discrète mais marquante
Au cinéma, Abdelaziz Guerda apparaît dans plusieurs productions algériennes. Il fait partie de la distribution de Hassan Taxi, réalisé par Mohamed Slim Riad en 1982, puis de L’Honneur de la tribu, réalisé par Mahmoud Zemmouri en 1993, où il interprète le personnage du cafetier. Il participe également à Morituri, réalisé par Okacha Touita en 2007.
Sa filmographie comprend également Le Marin et Serkadji, Barberousse, en 2015. Sans avoir toujours occupé les premiers rôles, Guerda faisait partie de ces comédiens dont la présence contribuait à donner de l’épaisseur aux productions algériennes, grâce à une longue expérience acquise sur les planches.
Une carrière au service du théâtre algérien
Au-delà des titres et des rôles qui composent sa filmographie, c’est cette fidélité au théâtre qui caractérise le mieux le parcours d’Abdelaziz Guerda. Comédien depuis les premières décennies de l’Algérie indépendante, puis metteur en scène, il a traversé plusieurs générations du théâtre national et travaillé dans des univers artistiques très différents.
Sa carrière témoigne aussi de la passerelle qui s’est progressivement installée entre le théâtre, le cinéma et la télévision. Une passerelle qui a permis à plusieurs générations de comédiens algériens de conserver un lien avec la scène tout en investissant les nouveaux formats audiovisuels.
Avec sa disparition, l’Algérie perd ainsi un artiste dont le parcours s’étend sur plus d’un demi-siècle et qui aura contribué, à travers ses rôles et ses mises en scène, à faire vivre le théâtre et la création audiovisuelle nationale. Abdelaziz Guerda s’en va, mais laisse derrière lui une œuvre dispersée entre les planches, les écrans de cinéma et les séries qui ont accompagné plusieurs générations de téléspectateurs algériens.










