La guerre au Moyen-Orient, entrée dans sa deuxième semaine, continue de s’intensifier avec une succession de bombardements, d’attaques de drones et d’incidents maritimes dans le Golfe, alimentant les craintes d’un embrasement régional et d’une perturbation durable des marchés énergétiques mondiaux.
Au cœur de cette escalade, l’Iran, Israël et les États-Unis multiplient les démonstrations de force. L’armée israélienne affirme avoir mené une vaste opération aérienne contre des cibles militaires en Iran, mobilisant plus de 80 avions de chasse pour bombarder des sites stratégiques, des lanceurs de missiles et des installations militaires à Téhéran et dans le centre du pays. Des explosions ont été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne.
En riposte, Téhéran affirme avoir lancé une “vague massive d’attaques de drones” contre des bases américaines et des cibles israéliennes. Selon les forces armées iraniennes, ces frappes auraient visé notamment la base d’Al-Minhad aux Émirats arabes unis, une base au Koweït, ainsi qu’une installation stratégique en Israël.
Le détroit d’Ormuz sous tension
Les tensions se concentrent également autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde. Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir frappé un pétrolier dans le Golfe à l’aide d’un drone explosif, accusant l’équipage d’avoir ignoré les avertissements concernant l’insécurité de la zone.
Face aux risques pesant sur la navigation, la marine américaine envisage d’escorter les navires commerciaux traversant le détroit. Téhéran a immédiatement réagi en affirmant “attendre la présence des forces américaines” dans cette zone hautement stratégique.
Les données du trafic maritime montrent déjà les effets de la crise : seulement neuf navires marchands ont traversé le détroit depuis le début de la semaine, signe d’une forte perturbation des flux commerciaux.
Incidents aux Émirats et suspension des vols
La tension s’est également manifestée dans les Émirats arabes unis. Une opération d’interception aérienne a été menée au-dessus de l’aéroport international de Dubaï, après l’arrivée d’un projectile ou d’un drone. Les autorités locales ont évoqué un incident provoqué par la chute de débris après interception, sans faire de victimes.
Dans ce contexte, la compagnie Emirates, la plus importante du Moyen-Orient, a annoncé la suspension de l’ensemble de ses vols au départ et à destination de Dubaï jusqu’à nouvel ordre.
Des explosions ont par ailleurs été signalées à Dubaï et à Manama, capitale du Bahreïn, tandis qu’à Jérusalem, une explosion a retenti après une alerte concernant un missile iranien intercepté par les défenses aériennes israéliennes.
Riyad met en garde l’Iran
L’Arabie saoudite a appelé l’Iran à la “sagesse”, mettant en garde contre toute erreur d’appréciation. Les autorités saoudiennes affirment avoir intercepté un missile balistique visant la base aérienne Prince Sultan, qui accueille des militaires américains.
Dans le même temps, l’Iran affirme avoir mené des frappes contre trois sites de groupes séparatistes dans la région autonome du Kurdistan irakien.
Au Liban, le Hezbollah a indiqué avoir affronté des soldats israéliens près de la frontière libano-syrienne, dans la région de Baalbek, ce qui pourrait constituer l’une des incursions israéliennes les plus profondes au Liban depuis fin 2024.
Washington renforce son soutien militaire à Israël
Sur le plan militaire, les États-Unis ont approuvé la vente de 12 000 bombes de 470 kg à Israël, pour une valeur d’environ 151,8 millions de dollars. La décision a été prise via une procédure d’urgence permettant de contourner l’approbation du Congrès, suscitant des critiques de certains élus américains.
Parallèlement, Washington évoque la possibilité d’assouplir certaines sanctions visant le pétrole russe afin d’augmenter l’offre mondiale et d’atténuer l’impact de la crise sur les marchés énergétiques.
Une flambée historique du pétrole
Les marchés pétroliers ont réagi immédiatement à l’escalade militaire. Les prix du brut ont connu une hausse spectaculaire, alimentée par la crainte d’une paralysie des exportations énergétiques du Golfe.
Le baril de WTI, référence américaine, a atteint 90,90 dollars, enregistrant une hausse de plus de 35 % en une semaine, un record historique depuis la création des contrats à terme en 1983. Le Brent, référence internationale, a également progressé de près de 28 % sur la même période.
Des répercussions pour les équilibres énergétiques
Pour de nombreux observateurs, la crise actuelle pourrait avoir des conséquences majeures sur les marchés mondiaux de l’énergie, notamment si les tensions se prolongent autour du détroit d’Ormuz.
Dans ce contexte, les pays producteurs, dont l’Algérie, suivent avec attention l’évolution de la situation, alors que la hausse des cours du pétrole pourrait redessiner les équilibres énergétiques et économiques internationaux.
Face à la multiplication des bomabrdements et aux risques d’extension du conflit, la Ligue arabe doit tenir une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire dans la région.










