Le jeûne intermittent, devenu en quelques années une tendance mondiale largement relayée sur les réseaux sociaux, est souvent présenté comme une méthode efficace et rapide pour maigrir. Pourtant, les données scientifiques les plus récentes invitent à relativiser cet engouement.
Une vaste revue scientifique relayée par BBC Afrique s’appuie notamment sur une analyse de 22 essais cliniques randomisés portant sur près de 2 000 adultes en surpoids ou obèses. Conclusion : le jeûne intermittent n’entraîne pas de perte de poids significativement supérieure à celle observée avec un régime hypocalorique classique.
En moyenne, les participants ont perdu environ 3 % de leur poids corporel, un chiffre inférieur au seuil de 5 % généralement considéré comme cliniquement significatif pour améliorer des paramètres métaboliques comme la tension artérielle ou la glycémie.
Des résultats comparables aux régimes classiques
Une méta-analyse encore plus large, regroupant 99 essais cliniques et plus de 6 500 participants, aboutit à des conclusions similaires : les différentes formes de jeûne intermittent (restriction horaire, jeûne un jour sur deux, régime 5:2) produisent des résultats globalement comparables à ceux d’un simple déficit calorique quotidien.
Certaines formes, comme le jeûne un jour sur deux, peuvent afficher des pertes légèrement plus marquées. Toutefois, les différences restent modestes et les chercheurs soulignent le manque de données à long terme pour évaluer la durabilité des effets.
Autrement dit, ce n’est pas la fenêtre de jeûne en elle-même qui provoque la perte de poids, mais bien la réduction globale des apports énergétiques.
Réseaux sociaux et attentes irréalistes
Le succès du jeûne intermittent tient en grande partie à sa popularité numérique. Présenté comme simple et adaptable, il donne l’impression d’un contrôle rapide sur le poids. Or, les spécialistes rappellent qu’aucune méthode ne peut se substituer à une approche globale incluant qualité nutritionnelle, activité physique, sommeil et équilibre psychologique.
Les chercheurs insistent également sur la variabilité individuelle : certains organismes s’adaptent bien à la restriction alimentaire, d’autres développent fatigue, troubles de concentration ou comportements compensatoires.
Encadré – Ramadan : jeûne spirituel et équilibre alimentaire
La période du Ramadan relance chaque année la question de la perte de poids liée au jeûne. Les spécialistes distinguent toutefois clairement le jeûne religieux, motivé par des raisons spirituelles, du jeûne intermittent à visée diététique.
Les études montrent que le poids peut rester stable, voire augmenter, si les repas de rupture sont riches en sucres rapides et en graisses. Pour préserver l’équilibre, les experts recommandent :
- Des repas structurés et modérés à l’iftar, une hydratation suffisante entre l’iftar et le s’hour, des protéines et des fibres pour limiter les pics glycémiques et une activité physique légère adaptée au rythme du jeûne.
Le Ramadan peut ainsi devenir une opportunité d’améliorer ses habitudes alimentaires, à condition d’éviter les excès et de maintenir la régularité des portions.
En définitive, les données scientifiques convergent : le jeûne intermittent n’est ni une solution miracle ni un danger universel. Son efficacité dépend avant tout du mode de vie global. Pour une perte de poids durable, la constance et l’équilibre restent les piliers incontournables.










