Du désespoir de raccrocher les crampons au sommet de l’Afrique, Lina Boussaha, l’attaquante algérienne a offert à son pays sa première médaille de bronze en CAN et un billet historique pour le Mondial 2027. Un destin où la foi et le football n’ont jamais cessé de ne faire qu’un.
Si la joie avait un visage sur la pelouse et dans les vestiaires au soir de ce derby maghrébin mémorable, c’était assurément celui de Lina Boussaha. Élue joueuse du match, l’attaquante des Vertes n’a pas seulement égalisé à la 84ᵉ minute pour arracher la séance des tirs au but face au Maroc. Elle a scellé, au bout du suspense, le chef-d’œuvre d’un pari personnel et spirituel que beaucoup pensaient perdu d’avance.
Les espoirs brisés par le dilemme français
Formée à la prestigieuse académie du Paris Saint-Germain et passée par les sélections de jeunes de l’équipe de France (U17, U19, U20), Lina Boussaha s’impose très tôt comme l’un des talents les plus purs de sa génération. Après des passages remarqués au PSG et au LOSC Lille, la jeune femme est confrontée à une fracture brutale : la décision des autorités sportives et administratives françaises de maintenir l’interdiction du port du voile en compétition officielle.
Pour Lina, le coup est rude. Placée devant un dilemme déchirant — choisir entre l’exercice de sa passion au plus haut niveau et le respect de ses convictions intimes —, la joueuse refuse d’abdiquer son identité. Prête à raccrocher ses crampons plutôt que de renier ce qu’elle est, elle voit son avenir dans le football s’assombrir prématurément sur les terrains hexagonaux.
La renaissance en Arabie Saoudite et l’appel de la patrie
C’est alors que son destin bascule. Le club saoudien Al-Nassr lui tend la main, lui offrant l’opportunité de poursuivre sa carrière professionnelle dans un environnement en pleine expansion et en accord avec ses valeurs. En Arabie saoudite, l’attaquante retrouve le plaisir de jouer, la confiance et le chemin des filets.

Mais le bonheur de cette renaissance atteint son paroxysme lorsque le sélectionneur national algérien, Farid Benstiti, fait appel à elle pour intégrer l’équipe nationale féminine. Pour Lina Boussaha, porter le maillot vert devient le prolongement naturel de son combat : prouver que l’excellence sportive et la fidélité à ses principes peuvent coexister au plus haut niveau international.
« Jamais sans mon hijab » : Le quadruplé de la rédemption
Au cours de cette CAN 2026, Lina Boussaha a apporté la plus éclatante des réponses sur le terrain. Face au Maroc, c’est elle qui a porté l’équipe sur ses épaules, insufflant la résilience nécessaire pour arracher la victoire.
En une seule soirée mémorable, Lina Boussaha aura tout raflé : le titre individuel de meilleure Joueuse du Match, une médaille de bronze historique marquant le tout premier podium de l’Algérie en CAN féminine, un billet pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil, et sa plus belle victoire personnelle : arborer fièrement son hijab sur la plus haute scène continentale.
- Lina Boussaha n’a pas seulement réussi son pari : elle a tracé une voie d’émancipation et de dignité pour toute une génération. Concilier ses convictions et sa passion n’a jamais été un frein, mais la véritable source de sa force. Et sur le podium africain, cette couronne lui allait à ravissement.










