À l’approche de la visite historique du Pape en Algérie, prévue dans quelques jours, la maison d’édition Al Bayazin dévoile un beau livre magistral consacré à la Basilique Notre-Dame d’Afrique. Entre les textes érudits du Père Henri Maurier et l’œil connaisseur de la photographe Ager Oueslati, l’ouvrage s’impose déjà comme une pièce de collection incontournable pour le patrimoine national.
C’est un projet qui a mûri pendant deux ans, sorti à l’automne dernier, il a attendu le moment de grâce pour se révéler au public. Ce moment est enfin arrivé. Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir le souverain pontife du 13 au 15 avril, les éditions Al Bayazin frappent un grand coup avec la sortie de « Notre Dame d’Afrique ». Plus qu’un simple inventaire architectural, ce beau livre, imprimé avec une finesse rare par les ateliers Al Diwan, est une plongée dans l’intimité d’un monument qui veille sur la baie d’Alger depuis 1872.
Une symphonie visuelle et textuelle
L’ouvrage repose sur une collaboration d’exception. Au texte, on retrouve le Père Henri Maurier, Missionnaire d’Afrique (Père Blanc), dont la plume ne se contente pas de retracer l’histoire de l’édification. Il nous guide à travers les symboles : du dialogue interreligieux inscrit sur les murs de la nef (« Priez pour nous et pour les musulmans ») à la profondeur théologique du christianisme africain.
Le lecteur est invité à une déambulation sensorielle. Les clochers qui percent l’azur algérois, les dalles funéraires — dont celle, si émouvante, du Cardinal Duval, le « Cardinal des Algériens » — ou encore le Chemin de Croix de Jésus, tout est ici magnifié par l’objectif d’Ager Oueslati. Ses photographies captent la lumière jouant avec les vitraux et le bleu de la Méditerranée qui sert d’écrin à la basilique.
Un pont entre les époques
Le livre détaille avec précision les étapes de la construction de cet édifice néo-byzantin, mais il s’attarde aussi sur la dimension humaine. Les chapitres consacrés aux clochers et aux dalles funéraires rappellent que Notre-Dame d’Afrique n’est pas qu’un monument de pierre, mais un lieu de mémoire vivante où reposent ceux qui ont œuvré pour la paix et la fraternité. « Une basilique de pierres vivantes », conclu très justement le père Henri Maurier son texte.
La parution de cet ouvrage à l’approche de la visite papale n’est pas qu’une coïncidence calendaire ; elle souligne le rôle central de cette basilique comme « point de rencontre ». En feuilletant ces pages, on comprend pourquoi ce monument, affectueusement surnommé « Madame l’Afrique » par les habitants de Saint-Eugène (Bologhine), continue d’attirer des milliers de visiteurs de toutes confessions.
Un objet d’art signé Al Bayazin
Fidèle à sa réputation, la maison Al Bayazin livre ici un objet d’une grande élégance. Le choix du papier, la mise en page aérée et la qualité de l’impression chez Al Diwan rendent justice au travail des auteurs.
Pour les passionnés d’histoire, les amoureux d’Alger ou les collectionneurs de beaux livres, cet ouvrage est bien plus qu’une lecture : c’est un témoignage durable de la richesse du patrimoine algérien et de sa capacité à porter un message universel de paix.
Notre Dame d’Afrique
Texte du Père Henri Maurier (PB)
Photographies d’Alger Oueslati
Éditions Al Bayazin — Impression Al Diwan
Disponible en librairie et sur www.albayazin.dz Prix 3000 da










