Les prisonniers politiques sahraouis n’ont aujourd’hui qu’une seule solution pour se faire entendre :
Mettre de nouveau leurs vies en danger ! Même si jusqu’à présent leurs grèves de la faim ont
entraîné des promesses jamais tenues et des réactions diplomatiques et médiatiques vite oubliées.
Alors on fait quoi maintenant ?
On tape de ses petits poings présidentiels faussement rageurs sur le pupitre des Nations Unies en
défendant « en même temps » la cause palestinienne tout en soutenant la colonisation et
l’occupation marocaine du Sahara occidental ?
On continue de se déshonorer en distribuant des légions d’honneur à des bourreaux comme
Hammouchi, le chef du contre espionnage marocain , mis en cause pour torture et complicité de
torture méritant de comparaître devant le tribunal pénal international ?
On continue de supporter le chantage mortel de trafic humain en fermant ou en ouvrant les
frontières de Ceuta et Melilla, au gré des déclarations envers les sahraouis plaisant ou déplaisant au
régime marocain ?
On continue de signer des accords commerciaux malgré les condamnations de la cour européenne
de justice (CJUE) les condamnant régulièrement comme actes de pillage d’un État colonisé ?
On continue de s’étonner de l’hospitalité du peuple marocain alors que toutes les associations
humanitaires ou organisations internationales défendant les Droits Humains ou encore l’épouse
française d’un prisonnier sahraoui se font systématiquement refouler à la frontière ?
On continue de parler des dernières vacances au Maroc en dégustant à l’apéro des tomates
« azur »cultivées illégalement au Sahara occidental ?
Depuis 50 ans, les enlèvements forcés, les tortures, les disparitions, les parodies de procès, les
emprisonnements dans des conditions indignes, l’envahissement militaire puis civil, l’exil de la
moitié de la population sahraouie dans les camps ou en diaspora, la ségrégation sociale pour ceux
restés au Sahara occidental sont les conditions imposées dans la dernière colonie du continent
africain.
Tous ces faits sont attestés, avérés et dénoncés mais classés sans suite, trop d’intérêts géopolitiques
et économiques étant en jeu. Le pragmatisme ne s’encombre pas de justice.
Depuis un demi-siècle le peuple sahraoui a toujours refusé le recours au terrorisme.
Alors ne reste plus que la mise en jeu de sa propre vie.
Je pense au discours de Martin Niemoller sur la passivité et l’indifférence, pour que chacun d’entre
nous n’ait pas à dire un jour : « …Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester »





