Le ressortissant allemand Ulumaskan Sinan, enlevé au Niger par un groupe criminel armé, est désormais en sécurité en Algérie. Pris en charge vendredi par les services de la Sécurité de l’Armée, il a été transféré vers la base aérienne de Boufarik, avant sa remise aux autorités allemandes.
Lors d’une conférence de presse consacrée à cette affaire, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, a apporté dimanche plusieurs précisions sur les circonstances de cette opération, saluant le travail accompli par les institutions de l’État algérien, notamment les services de sécurité relevant du ministère de la Défense nationale.
Selon le responsable du ministère des Affaires étrangères, le ressortissant allemand a été enlevé par un groupe criminel armé qui l’a détenu pendant environ deux semaines.
Son transfert vers l’Algérie s’est effectué dans « les meilleures conditions », depuis la base de déploiement secondaire d’In Guezzam, dans la 6e Région militaire, vers la base aérienne de Boufarik, dans la 1re Région militaire.
Dès sa prise en charge, les autorités algériennes ont veillé à s’assurer de son état de santé et ont informé les autorités allemandes de l’évolution de la situation jusqu’à son retour dans son pays et auprès de sa famille.
Un rôle qui dépasse les frontières
Pour Lounès Magramane, cette issue positive vient couronner les efforts des différentes institutions de l’État mobilisées pour permettre le retour du ressortissant allemand sain et sauf.
Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères a exprimé la « profonde gratitude » de l’Algérie aux services ayant contribué au succès de l’opération, rappelant que celle-ci s’inscrit dans une tradition d’intervention algérienne dans plusieurs affaires de libération d’otages.
Ces opérations ont, selon lui, consacré « le rôle pionnier de l’Algérie dans les initiatives de médiation, de dialogue et de concertation », mais aussi son engagement humanitaire en faveur de la protection de la vie et de la dignité humaine.
Un message particulièrement important alors que la région sahélo-saharienne reste confrontée à la progression des groupes criminels et terroristes et à la multiplication des risques liés aux enlèvements.
Alger rejette les enlèvements et le paiement des rançons
L’Algérie a également réaffirmé à cette occasion sa position constante contre les enlèvements et le paiement des rançons.
« Forte de son expérience et de son histoire », l’Algérie continuera à s’opposer à toutes les formes d’extrémisme violent, aux actes criminels et terroristes ainsi qu’aux « pratiques odieuses d’enlèvement et au paiement de rançons », a affirmé Lounès Magramane.
Alger rappelle ainsi son engagement en faveur de la lutte contre ces pratiques et sa contribution aux efforts internationaux visant à leur criminalisation.
« Ce qui porte préjudice aux pays voisins nous touche »
Au-delà de cette affaire, le responsable du ministère des Affaires étrangères a replacé l’opération dans le cadre plus large de la doctrine diplomatique et sécuritaire algérienne.
« Ce qui porte préjudice aux pays voisins nous touche inévitablement », a-t-il déclaré, soulignant que la sécurité et la stabilité des pays frères et amis resteront parmi les priorités de l’agenda politique et diplomatique de l’Algérie.
Une orientation qui s’inscrit, a-t-il rappelé, dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
À travers cette nouvelle opération, Alger réaffirme ainsi à la fois sa disponibilité à contribuer au règlement des crises par le dialogue et la médiation et sa détermination à lutter contre le terrorisme, les enlèvements et la criminalité transfrontalière.
Pour sa part, Georg Felsheim, l‘ambassadeur allemand présent à cette conférence, a tenu à remercier l’Algérie pour le rôle qu’elle a joué pour la libération de son concitoyen. « Sans l’intervention algérienne, notre ressortissant serait à l’heure actuelle, déjà mort », a-t-il soutenu.










