Le Venezuela a été frappé, mercredi soir, par un violent double séisme qui a semé la désolation dans plusieurs régions du pays, faisant au moins 164 morts et près de 1 000 blessés, selon un bilan provisoire communiqué par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
Les deux secousses, survenues à seulement quelques secondes d’intervalle, ont provoqué d’importants dégâts matériels, notamment dans la capitale Caracas et dans l’État côtier de La Guaira. Les autorités redoutent toutefois un bilan humain encore plus lourd, alors que les opérations de recherche se poursuivent sous les décombres.
Selon le Service géologique des États-Unis (USGS), une première secousse de magnitude 7,2 a été enregistrée à 18h04 (heure locale), à une profondeur de 21,9 kilomètres, à environ 170 kilomètres à l’ouest de Caracas. Trente-neuf secondes plus tard, un second tremblement de terre, plus puissant encore, de magnitude 7,5 et situé à seulement 10 kilomètres de profondeur, s’est produit à une quarantaine de kilomètres du premier épicentre.
L’USGS a qualifié cet épisode de « double événement » susceptible d’engendrer une catastrophe majeure. Il s’agit, selon les données historiques de l’institut américain, du séisme le plus puissant enregistré au Venezuela depuis plus d’un siècle.
L’état d’urgence décrété
Face à l’ampleur des destructions, les autorités vénézuéliennes ont décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire.
Dans une allocution télévisée, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé la fermeture de l’aéroport international Maiquetia-Simon-Bolivar, principal hub aérien desservant Caracas, en raison des dommages importants subis par ses infrastructures.
Plusieurs dizaines d’immeubles se sont effondrés ou ont subi de graves dégâts, notamment dans la région de La Guaira et dans certains quartiers de la capitale. Les équipes de secours poursuivent leurs interventions pour tenter de retrouver d’éventuels survivants sous les décombres.
Des témoins ont rapporté des scènes de panique dans plusieurs quartiers de Caracas. Des habitants, évacués en urgence, se sont regroupés dans les rues tandis que les secouristes tentaient de dégager les victimes ensevelies.
Des secousses ressenties jusqu’en Colombie
Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a indiqué que les secousses avaient été ressenties dans plusieurs régions du pays. Par mesure de précaution, les autorités ont décidé de suspendre temporairement l’alimentation en gaz afin d’éviter tout risque d’explosion.
Des coupures d’électricité ont également été signalées dans plusieurs secteurs de Caracas.
L’onde sismique a été ressentie bien au-delà des frontières vénézuéliennes, notamment en Colombie voisine. À Bogota, située pourtant à près de 1 000 kilomètres de l’épicentre, de nombreux habitants ont indiqué avoir perçu les secousses.
Les autorités colombiennes ont toutefois assuré qu’aucun risque de tsunami ne menaçait les côtes caraïbes du pays.
L’ONU appelle à garantir l’accès à l’information
Alors que plusieurs pays ont proposé leur assistance au Venezuela, une mission des Nations unies spécialisée dans les droits humains a appelé les autorités à garantir un accès immédiat aux réseaux sociaux et aux médias.
« Dans les heures et les jours à venir, l’accès à l’information sera une question de vie ou de mort », a souligné l’ONU dans un communiqué.
Si le Venezuela se situe à proximité de plusieurs failles géologiques, les séismes d’une telle ampleur y demeurent relativement rares. Le précédent tremblement de terre majeur remonte à juillet 1967, lorsqu’un séisme de magnitude 6,3 avait fait entre 200 et 300 victimes.
Les autorités poursuivent actuellement l’évaluation des dégâts, tandis qu’une trentaine de répliques ont déjà été enregistrées depuis le double séisme.










