Réuni ce 23 février sous la présidence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres a examiné un projet de loi relatif à la justice militaire ainsi que plusieurs dossiers stratégiques : le suivi du projet de la ligne ferroviaire minière Bled El-Hadba–Oued Keberit–Port d’Annaba, la mécanisation agricole, la rentrée de la formation professionnelle (session février 2026) et les premiers jours du mois de Ramadhan.
Mais au-delà de l’ordre du jour formel, un axe majeur s’impose avec force : la consolidation des bases productives du pays, notamment à travers le levier minier et agricole.
Le rail minier : colonne vertébrale d’un nouveau pôle industriel
Le projet de la ligne ferroviaire minière Bled El-Hadba–Oued Keberit–Port d’Annaba s’affirme comme un chantier structurant pour l’économie nationale. Cette infrastructure stratégique est appelée à relier les gisements de fer à haute teneur à la façade maritime, ouvrant ainsi la voie à une montée en puissance des exportations et à l’essor d’une véritable industrie sidérurgique intégrée.
Conscient de l’importance géo-économique du projet, le président de la République a ordonné un suivi quotidien de son avancement, avec un objectif clair : sa mise en service courant 2026, conformément à la feuille de route arrêtée.
Preuve de cette mobilisation, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a présidé récemment une réunion de suivi consacrée notamment au tronçon stratégique de 121 km reliant Bouchegouf (Guelma) à Dréa (Souk-Ahras). Ce segment constitue un maillon clé de la chaîne logistique destinée à soutenir l’exploitation minière et à réduire les coûts de transport.
Au-delà d’un simple projet ferroviaire, il s’agit d’un outil de souveraineté économique, appelé à dynamiser l’Est du pays, à créer des milliers d’emplois directs et indirects et à repositionner l’Algérie comme acteur minier majeur en Méditerranée.
Agriculture et formation : les autres piliers de la souveraineté
Parallèlement, le chef de l’État poursuit sa stratégie de modernisation agricole. Après la réunion de travail du 19 janvier dernier consacrée à la mécanisation, il a décidé la création de coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole, afin d’élargir les surfaces cultivées et d’améliorer les rendements.
L’objectif est ambitieux : porter les surfaces agricoles à 3 millions d’hectares, priorité absolue dans le sillage de la campagne labours-semailles 2025-2026. L’importation urgente de matériel destiné aux récoltes – notamment pour les céréales, le maïs et le tournesol – a également été réaffirmée.
La formation professionnelle s’inscrit dans cette dynamique productive. Le Conseil des ministres a examiné les préparatifs de la rentrée de février 2026, dans la continuité des réformes visant à adapter les cursus aux besoins du marché du travail. L’accent reste mis sur les filières agricoles, l’élevage familial, l’arboriculture et l’horticulture moderne, avec l’intégration des technologies scientifiques.
Ramadhan : stabilité des marchés et lutte contre la spéculation
Sur le front du pouvoir d’achat, les premiers jours du mois de Ramadhan se sont déroulés dans de bonnes conditions. Les marchés enregistrent une disponibilité notable des produits de base à des prix raisonnables. Certains légumes, dont les prix avaient flambé avant le mois sacré, ont rapidement reculé après deux jours de jeûne.
Le président de la République avait insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’assurer l’abondance des denrées à des prix abordables et de mener une lutte ferme contre la spéculation. Les indicateurs observés en ce début de Ramadhan semblent traduire les effets des mesures préventives prises en amont.
Une vision cohérente de souveraineté économique
À travers ces dossiers, se dessine une même ligne directrice : asseoir une économie productive, diversifiée et souveraine. Le rail minier pour valoriser les ressources stratégiques, la mécanisation pour renforcer la sécurité alimentaire, la formation pour préparer les compétences de demain.
Plus qu’un simple Conseil des ministres, la réunion d’hier confirme l’accélération d’une stratégie où l’exploitation minière, adossée à des infrastructures modernes, devient l’un des leviers centraux du redéploiement économique national.










