Il y a des finales qui se jouent, et d’autres qui se survivent. Celle-ci appartenait à la seconde catégorie. Et le Sénégal l’a gagnée comme on gagne les combats qui marquent une génération : en souffrant, en résistant, en refusant de céder, même quand tout semblait écrit pour le Maroc et son peuple.
Dans une Coupe d’Afrique des Nations taillée sur mesure pour le pays hôte, les Lions de la Teranga ont accepté de jouer contre le décor, contre le bruit, contre la pression et parfois contre le scénario. Longtemps dominés, souvent acculés, ils n’ont jamais perdu leur fil. Pas brillants, mais solides. Pas flamboyants, mais d’une rigueur presque implacable. Une équipe qui sait que les finales ne se racontent pas en pourcentages de possession mais en moments-clés.
Le match a basculé dans la folie à la fin du temps réglementaire, avec ce penalty sifflé contre le Sénégal, cette retraite des joueurs pendant de longues minutes, cette tension irréelle qui a figé le stade. Et puis cette panenka manquée, symbole d’un destin qui hésite, que les Sénégalais ont vécue comme une justice supérieure. Dans ce chaos, un homme a tenu la barre : Sadio Mané, capitaine immense, leader total, capable de calmer les siens quand tout pouvait s’effondrer.
Les prolongations ont ensuite récompensé la patience et la foi, avec le but libérateur de Pape Gueye, comme une délivrance arrachée au bout de la nuit. Le Sénégal n’a rien volé. Il a gagné là où les titres prennent une autre saveur : en terre hostile, contre le favori, dans un climat brûlant. Une victoire sans paillettes mais avec du caractère. Une victoire de champions, au sens le plus brut et le plus noble du terme.










