Quatre mois après le limogeage du précédent gouverneur, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a nommé ce 23 février Mohamed Lamine Lebbou au poste de gouverneur de la Banque d’Algérie. Une désignation qui intervient dans un contexte de réorganisation et de consolidation de la gouvernance financière nationale.
Un universitaire spécialiste des sciences économiques
Diplômé de l’université Badji Mokhtar de Annaba, sa ville natale, Mohamed Lamine Lebbou a obtenu une licence en gestion, option finances, avant de poursuivre son parcours académique en France, à l’université Lumière Lyon II, où il a décroché un magistère en économie du savoir et mondialisation. Il est également titulaire d’un doctorat en sciences économiques ainsi que d’une habilitation universitaire dans la même spécialité.
Sa carrière débute dans l’enseignement supérieur. Il a exercé comme maître de conférences puis comme chef de département à la faculté des sciences économiques et des sciences de gestion de l’université Badji Mokhtar d’Annaba entre 2014 et 2017. Parallèlement à ses fonctions pédagogiques, il a mené plusieurs travaux de recherche et réalisé des missions de conseil et d’accompagnement auprès d’entreprises nationales et internationales, consolidant ainsi son profil d’expert en finance et en gouvernance économique.
Une expérience dans la gouvernance d’entreprise
En septembre 2020, Mohamed Lamine Lebbou a été nommé président du Conseil d’administration d’Algerian Qatar Steel, un poste stratégique dans un secteur industriel clé. Cette responsabilité lui a permis d’acquérir une expérience directe dans la gestion d’une grande entreprise à capitaux mixtes, à l’intersection des enjeux industriels, financiers et internationaux.
Son parcours l’avait également conduit à occuper des fonctions dirigeantes au sein du secteur bancaire public, notamment à la Banque nationale d’Algérie (BNA), dans le cadre de la réforme ayant supprimé la fonction de PDG au profit d’une dissociation entre président du Conseil d’administration et directeur général.
Sa direction de la Banque d’Algérie est intervenue dans une phase charnière, marquée par des défis liés à la stabilité monétaire, à la régulation financière et à l’accompagnement des réformes économiques engagées par les pouvoirs publics.
Universitaire de formation, gestionnaire de terrain et spécialiste des questions financières, le nouveau gouverneur devra conjuguer rigueur académique et pragmatisme institutionnel pour piloter la politique monétaire nationale et renforcer la crédibilité de l’institution sur les plans interne et international.









