Théâtre: « Angouma » tente une réflexion sur la notion du temps et de l’inconnu

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La pièce « Angouma » de l’Association En-Noussour de Tindouf porte une réflexion sur la question du temps et de l’attente.
Mise en scène par Driss Benhadid d’après un texte de Mohamed Kamel Ben Zid, « Angouma » a été présentée lors des 10ème Journées théâtrales du sud qui se déroulent à Djelfa jusqu’au 19 décembre 2021. 

La pièce est inspirée d’une ancienne croyance populaire espagnole d’après laquelle une secte kidnappait les enfants en bas âge pour les présenter en offrande au diable.
Trois personnages dialoguent avec des mots savants, parlent d’Orwell et de Gandhi, dans un espace ouvert traversé par une route. L’un est assis, presque statique, et l’autre mouvant et cherchant à traverser la route pour passer vers un autre espace, réaliser des rêves.
L’homme assis, un horloger, rêve lui aussi du changement, du meilleur, mais ne fait rien pour. Il est dans l’attente, voit le temps passer. L’homme a perdu dans des conditions troubles son enfant.


D’un espace à un autre

L’idée de la transition ou du passage est bien là. Derrière, une porte s’ouvre et se renferme en un bruit terrifiant au moins à sept reprises. La porte permet également de passer d’un espace à un autre. Passer également vers l’inconnu.
Trop narrative, la pièce, qui puise dans les techniques du théâtre mental, manque de rythme. L’action est réduite au minimum et la lumière n’est d’aucun apport. L’ennui s’installe rapidement et le spectateur est parfois perdu dans un magma narratif philosophique prenant les couleurs de l’absurde et dans une scénographie noire faiblement expressive.


 Le jeu des comédiens Bahaha Souid Ahmed, Mohamed Mustapha et Salah Rouane était juste limité, en deçà de l’attente voulue par l’auteur. La profondeur du texte, qui s’interroge aussi sur la crise existentielle de l’homme contemporain, n’a pas été rendue par l’interprétation linéaire des trois comédiens. Le travail sur la voix n’a pas été fait autant que le mouvement sur scène. Le metteur en scène a clairement négligé le côté spectacle du théâtre.


« La noirceur symbolise l’amertume de la vie »

Un rapport avec le réel ? « Oui, on peut faire beaucoup de lectures. La porte qui s’ouvre et se renferme évoque la dialectique de la mort. celui qui meurt ne revient pas. La mort est aussi une énigme. La noirceur symbolise l’amertume de la vie. Les personnages sont tristes », a répondu Driss Benhadid.


Dans le prospectus de la pièce, le metteur a écrit en arabe  ces mots : « Ne se termine pas, se termine, est terminé ».
Quelle est donc la signification ? « Nous avons voulu discuter des tourments de l’homme, la fin de la vie, du temps, du travail, de l’ambition, de l’amour…Je voulais en quelques mots résumer le conflit psychologique interne de l’homme actuel. Nous avons voulu inviter le spectateur à réfléchir tout au long de la pièce. Vous avez remarqué la réaction du public lorsque l’homme debout a pu traverser la route », a répondu Driss Benhadid.

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