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L’Algérie renforce sa vigilance sanitaire face au risque d’introduction de l’hantavirus

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L’Algérie renforce sa vigilance sanitaire face au risque d’introduction de l’hantavirus

Les autorités sanitaires algériennes ont décidé de renforcer le dispositif national de vigilance et de prévention contre l’hantavirus, dans un contexte international marqué par l’apparition de cas de contamination dans plusieurs pays européens. Si aucun cas n’a été enregistré en Algérie à ce stade, le ministère de la Santé a néanmoins activé une série de mesures préventives destinées à anticiper tout risque d’introduction du virus sur le territoire national.

Dans une note adressée le 11 mai 2026 aux structures hospitalières ainsi qu’aux walis, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a détaillé un dispositif organisationnel de préparation et d’alerte portant sur l’hantavirus et les autres maladies transmissibles par les rongeurs.

Les autorités sanitaires algériennes précisent que le niveau de risque reste, pour l’heure, « faible », notamment en raison de l’absence de lien épidémiologique direct avec les foyers recensés à l’étranger et du caractère rare de la transmission interhumaine du virus. Toutefois, la circulation internationale accrue des voyageurs ainsi que la longue période d’incubation de la maladie — pouvant atteindre six semaines — imposent, selon le ministère, le maintien d’une vigilance élevée afin de détecter rapidement d’éventuels cas importés.

Qu’est-ce que l’hantavirus ?

L’hantavirus est une maladie virale transmise principalement par certains rongeurs sauvages infectés, notamment à travers leurs urines, leurs excréments ou leur salive. L’être humain peut être contaminé en inhalant des particules contaminées présentes dans l’air, souvent dans des lieux fermés ou mal ventilés où circulent des rongeurs.

La maladie ne se transmet généralement pas facilement d’une personne à une autre, même si certains variants du virus ont exceptionnellement donné lieu à des transmissions humaines dans certaines régions du monde.

Les symptômes apparaissent après une période d’incubation pouvant aller de quelques jours à six semaines. Les premiers signes ressemblent souvent à ceux d’une grippe sévère : forte fièvre, douleurs musculaires, fatigue intense, frissons et troubles digestifs comme les nausées, vomissements ou diarrhées. Dans les formes les plus graves, des complications respiratoires importantes peuvent survenir, provoquant toux, difficultés respiratoires, douleurs thoraciques et insuffisance pulmonaire nécessitant une prise en charge hospitalière urgente.

Un dispositif renforcé aux frontières et dans les hôpitaux algériens

Dans sa note, le ministère de la Santé définit comme cas suspect « toute personne ayant partagé ou fréquenté un moyen de transport où un cas confirmé ou probable d’infection par le hantavirus a été identifié » et présentant des symptômes compatibles avec la maladie.

Au niveau des points d’entrée du territoire national — aéroports, ports et postes frontaliers — les services concernés ont reçu instruction de renforcer les dispositifs de contrôle sanitaire. Les autorités demandent notamment la disponibilité d’équipements de protection individuelle, de solutions hydro-alcooliques ainsi que d’appareils de contrôle thermique.

La note prévoit également l’aménagement d’espaces d’isolement temporaires pour les voyageurs symptomatiques, l’identification d’établissements hospitaliers de référence et la désignation de responsables chargés du transfert éventuel des cas suspects.

Les personnels travaillant dans ces infrastructures devront également être sensibilisés aux procédures de détection et de notification.

Les établissements hospitaliers mobilisés

Dans les hôpitaux algériens, le ministère recommande la réactivation immédiate des dispositifs de prise en charge déjà utilisés lors des précédentes alertes sanitaires.

Les établissements de santé sont invités à intégrer systématiquement, lors du tri initial des patients, l’évaluation des antécédents de voyage, des contacts à risque ou d’une éventuelle exposition aux rongeurs au cours des 42 jours précédant l’apparition des symptômes.

Le ministère insiste également sur la nécessité de vérifier la disponibilité des équipements de protection, des produits d’hygiène et des protocoles d’isolement afin d’assurer une prise en charge rapide et sécurisée des cas suspects.

Prévenir plutôt que guérir

Les autorités rappellent enfin que l’hantavirus reste une maladie rare, mais qu’une vigilance constante demeure indispensable dans un contexte de mobilité internationale accrue.

Parmi les principales mesures de prévention figurent l’évitement du contact avec les rongeurs sauvages, le maintien d’une bonne hygiène dans les lieux de stockage ou les espaces fermés, ainsi que l’aération et le nettoyage prudent des endroits susceptibles d’être contaminés.

Aucune épidémie n’est signalée en Algérie à ce jour, mais les autorités sanitaires assurent maintenir un niveau de surveillance élevé afin de prévenir tout risque d’introduction du virus dans le pays.

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