La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet a officiellement débuté ce mardi 9 juin. Pour marquer le coup d’envoi de cette échéance politique, plusieurs formations politiques ont choisi de lancer leurs activités depuis les wilayas du Grand Sud, un choix hautement symbolique qui traduit l’importance stratégique accordée à ces régions frontalières dans le discours politique national.
D’Illizi à Timimoun, en passant par In Guezzam et Djanet, les principaux partis ont multiplié les références à la souveraineté nationale, à la sécurité des frontières et au rôle du Sud dans la préservation de la stabilité du pays.
Le RND ouvre le bal depuis Illizi
Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Bouden, a donné le coup d’envoi de la campagne de son parti depuis Illizi, dans l’extrême sud-est du pays.
Pour le responsable politique, le choix de cette wilaya n’est pas fortuit. Il a souligné que « la sécurité de l’Algérie commence à Illizi et dans l’ensemble des wilayas frontalières », qu’il a qualifiées de première ligne de défense de la nation grâce à la vigilance de leurs habitants et à l’action des différentes institutions de sécurité de l’État.
À travers ce déplacement, le RND a voulu mettre en avant le rôle central des régions frontalières dans la préservation de la souveraineté nationale et la protection du territoire.
Le MSP place la souveraineté au cœur de son discours
Même tonalité du côté du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Son président, Abdelali Hassani Cherif, a choisi Timimoun pour lancer la campagne de sa formation.
Dans son intervention, il a longuement insisté sur les défis géopolitiques auxquels sont confrontés les États dans un contexte international marqué, selon lui, par les tentatives d’hégémonie, de déstabilisation et de mise sous dépendance.
« Le cœur de cette souveraineté réside dans notre Grand Sud », a-t-il déclaré, estimant que Timimoun et les autres wilayas sahariennes jouent un rôle essentiel dans la protection de l’indépendance politique et économique du pays.
Le dirigeant du MSP a également mis en avant le rôle de l’Armée nationale populaire dans la préservation de l’unité nationale face aux menaces régionales et internationales.
FLN et Front El Moustakbal misent également sur le Grand Sud
Le Front de libération nationale (FLN) a lui aussi choisi une wilaya frontalière pour inaugurer sa campagne. Son secrétaire général, Abdelkrim Benmbarek, s’est rendu à In Guezzam, à l’extrême sud du pays, reprenant à son compte le thème de la défense des frontières et de l’attachement à l’unité nationale.
De son côté, le président du Front El Moustakbal, Fateh Boutbig, a donné le coup d’envoi de la campagne depuis Djanet. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a présenté ce choix comme un hommage au Grand Sud, qu’il considère comme une composante essentielle de l’identité nationale et du projet de développement du pays.
« Depuis le cœur du Grand Sud, terre d’authenticité et d’histoire, notre campagne électorale a pris son envol », a-t-il écrit, appelant à une participation de tous les citoyens à la construction de l’Algérie.
D’autres partis privilégient la proximité
Toutes les formations n’ont cependant pas choisi le déplacement vers le Sud pour lancer leur campagne.
Le Mouvement El Bina a opté pour une cérémonie organisée à son siège national à Alger, tandis que les candidats du Front de la justice et du développement (FJD) dans la capitale ont privilégié une opération de proximité en allant directement à la rencontre des citoyens dans les rues d’Alger.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a pour sa part profité de la diffusion de son intervention sur la télévision publique pour lancer officiellement sa campagne. Elle doit présenter ce mercredi les grandes lignes du programme électoral de son parti lors d’une conférence de presse.
Le Front des forces socialistes (FFS) suivra la même démarche. Son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, animera également une conférence de presse afin de détailler les propositions de son parti et sa vision pour la prochaine législature.
Le Sud, nouveau centre de gravité du discours politique
Au-delà des slogans et des programmes, cette première journée de campagne révèle une tendance forte : la place grandissante du Grand Sud dans les stratégies politiques des partis.
Longtemps considéré comme périphérique dans les campagnes électorales, le Sud apparaît aujourd’hui comme un espace central dans le discours des formations politiques, qui y voient à la fois un symbole de souveraineté, un réservoir de développement économique et un enjeu majeur de sécurité nationale.
À l’ouverture de cette campagne électorale, les partis semblent ainsi vouloir adresser un message commun : l’avenir politique, économique et stratégique de l’Algérie se joue également dans ses vastes territoires sahariens.










