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Rapport annuel de l’ONU : l’Algérie progresse hors hydrocarbures mais reste confrontée à ses fragilités structurelles

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Rapport annuel de l’ONU : l’Algérie progresse hors hydrocarbures mais reste confrontée à ses fragilités structurelles

L’Algérie a poursuivi en 2025 sa trajectoire de stabilisation économique et de consolidation sociale, tout en demeurant confrontée à des défis majeurs liés à la diversification de son économie, à l’emploi, à la santé publique et à la transition écologique. C’est ce qui ressort du rapport annuel du Système des Nations unies (SNU) en Algérie, publié par l’organisation onusienne la fin du mois en cours.

À travers ce bilan, les Nations unies dressent le portrait d’un pays qui conserve sa place parmi les États à développement humain élevé, mais qui doit encore transformer plusieurs acquis conjoncturels en réformes durables.

Une croissance portée par les secteurs hors hydrocarbures

Premier enseignement du rapport : la croissance économique demeure positive. Le Produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3,7 % en 2025, tandis que la croissance des secteurs hors hydrocarbures a atteint 4,8 %, signe d’une diversification progressive de l’économie nationale.

Pour l’ONU, cette évolution traduit les effets des réformes engagées dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’industrie et les activités minières.

Autre indicateur jugé encourageant : le taux de chômage est descendu à 9,7 %, un niveau inférieur à celui observé avant la pandémie. L’inflation, qui avait fortement préoccupé les économies du monde entier ces dernières années, a été maintenue autour de 4 %.

Une économie encore largement dépendante du pétrole

Derrière ces signaux positifs, les Nations unies soulignent toutefois une réalité persistante : la dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures demeure considérable.

Le rapport rappelle que 90 % des exportations algériennes restent constituées de pétrole et de gaz, malgré les efforts de diversification.

Plus préoccupant encore, les échanges extérieurs affichent une évolution contrastée. Les importations ont augmenté de 13,1 %, tandis que les exportations ont reculé de 4,5 %, accentuant les vulnérabilités de la balance commerciale.

Autrement dit, l’économie algérienne crée davantage de richesses hors hydrocarbures, mais n’a pas encore réussi à transformer cette dynamique en véritable levier d’exportation.

Le modèle social demeure préservé

Le rapport met également en avant la volonté des pouvoirs publics de préserver le caractère social de l’État.

Les transferts sociaux représentent désormais 37,1 % du budget national, un niveau particulièrement élevé à l’échelle régionale. Cette enveloppe finance notamment les subventions, les aides aux ménages, les allocations et divers dispositifs de soutien au pouvoir d’achat.

L’ONU considère ce choix comme un facteur important de stabilité sociale dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.

L’éducation reste l’un des principaux points forts

Parmi les indicateurs les plus favorables figure le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 15 ans, qui atteint 97,1 %.

Ce niveau place l’Algérie parmi les pays les mieux classés du continent africain en matière d’accès à l’enseignement fondamental et constitue l’un des piliers de son indice de développement humain, établi à 0,763.

Une transition sanitaire qui inquiète

Le rapport attire néanmoins l’attention sur un phénomène de fond : la progression des maladies non transmissibles.

Aujourd’hui, 74 % des décès enregistrés en Algérie sont liés à des pathologies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers ou encore les maladies respiratoires.

Cette transition épidémiologique représente désormais l’un des principaux défis du système de santé.

Les Nations unies soulignent également que le taux de mortalité maternelle demeure à 48,5 décès pour 100 000 naissances vivantes, un indicateur en amélioration mais qui continue de faire l’objet d’une surveillance particulière.

La technologie au service de la transition écologique

Le document consacre un important chapitre aux projets de modernisation environnementale et de gestion des ressources naturelles.

Dans la Mitidja, sur près de 100 000 hectares, un système de suivi satellitaire développé avec l’appui de la FAO permet désormais de mesurer l’évapotranspiration et d’anticiper les épisodes de stress hydrique.

Le rapport met également en avant les formations dispensées aux cadres algériens pour détecter par satellite les émissions de méthane dans le secteur des hydrocarbures, conformément aux engagements internationaux de réduction des gaz à effet de serre.

Pour les Nations unies, ces initiatives marquent une évolution significative vers une gestion plus scientifique et plus anticipative des ressources naturelles.

L’Algérie veut devenir un pôle pharmaceutique africain

Le rapport revient également sur l’adoption de la Déclaration d’Alger en novembre 2025, considérée comme une étape importante dans la stratégie de souveraineté sanitaire du pays.

Selon les données présentées, cette dynamique a déjà permis de générer près de 10 millions de dollars de contrats d’exportation pharmaceutique vers plusieurs pays africains.

L’objectif affiché est de positionner l’Algérie comme l’un des futurs centres de production de médicaments du continent.

Le défi de 2026 : passer à l’échelle supérieure

Au-delà des chiffres, le rapport délivre un message clair : l’Algérie a réussi à préserver sa stabilité économique et sociale dans un environnement international particulièrement difficile, mais elle doit désormais accélérer les réformes capables de réduire durablement sa dépendance aux hydrocarbures.

Pour 2026, les Nations unies identifient deux risques majeurs : la baisse des financements internationaux et la fragmentation des politiques publiques.

Le défi sera désormais de transformer les expériences pilotes menées dans l’agriculture, l’environnement, la santé ou la gouvernance en programmes nationaux de grande ampleur. Car si l’Algérie affiche aujourd’hui des indicateurs globalement favorables, le rapport souligne qu’une croissance durable passera nécessairement par l’économie verte, l’innovation, l’exportation hors hydrocarbures et une meilleure exploitation des données statistiques pour orienter les politiques publiques.

ENCADRE

Tindouf : une situation nutritionnelle préoccupante dans les camps des réfugiés

Le principal signal d’alarme du rapport concerne les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.

Malgré la distribution de plus de 22 000 tonnes de denrées alimentaires et le rétablissement des rations complètes à partir de mars 2025, la situation nutritionnelle continue de se dégrader.

Le taux de malnutrition aiguë globale chez les enfants de moins de cinq ans a atteint 13,6 %, son niveau le plus élevé depuis plus de dix ans.

L’anémie touche désormais 65 % des enfants et 69 % des femmes, des chiffres que les agences onusiennes qualifient de préoccupants.

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