Le tribunal du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a condamné, ce lundi, l’homme d’affaires incarcéré Mahieddine Tahkout à dix ans de prison ferme dans une affaire liée au blanchiment, à la dissimulation et à la dissipation de fonds illicites.
La juridiction a également prononcé une amende de 8 millions de dinars ainsi que la confiscation de l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers appartenant au prévenu. La décision porte aussi sur ses comptes bancaires, ses dépôts et investissements saisis à l’étranger, notamment en Suisse, ainsi que sur les avoirs visés par des commissions rogatoires internationales adressées aux autorités judiciaires étrangères.
Le tribunal a par ailleurs condamné Mahieddine Tahkout à verser une indemnisation de 100 millions de dinars au Trésor public au titre du préjudice subi par l’État.
Cette nouvelle condamnation intervient dans le prolongement des poursuites judiciaires engagées contre l’ancien magnat des affaires, devenu l’un des symboles de l’oligarchie financière qui s’est développée durant les dernières années du règne du président Abdelaziz Bouteflika.
Déjà en juin 2022, le même pôle pénal économique et financier avait condamné Mahieddine à dix ans de prison ferme avec confiscation de ses biens et de ses avoirs bancaires dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent liée à la société de presse « El Athir ». Dans ce dossier figurait également l’ancien directeur du groupe médiatique Ennahar, Mohamed Mokkadem, plus connu sous le nom d’Anis Rahmani.
Depuis le déclenchement du Hirak en 2019 et l’ouverture de vastes enquêtes anticorruption, Mahieddine Tahkout a été poursuivi dans plusieurs affaires. Parmi celles-ci figurent notamment des accusations liées à l’obtention d’avantages indus auprès de l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, concernant l’attribution de sept biens immobiliers ainsi qu’un contrat de transport conclu avec l’entreprise publique Etusa.
Ancien patron d’un groupe actif dans les secteurs du transport, de l’automobile et de l’enseignement supérieur privé, Mahieddine Tahkout compte parmi les hommes d’affaires les plus lourdement condamnés dans les dossiers de corruption instruits depuis 2019.










