Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan ont franchi, ce jeudi à Ankara, une nouvelle étape dans le renforcement des relations algéro-turques à l’occasion de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau entre les deux pays.
À l’issue de leurs entretiens, qualifiés de « riches et fructueux », les deux chefs d’État ont affiché une volonté commune d’élargir encore davantage le partenariat économique, politique et stratégique entre Alger et Ankara, avec en ligne de mire un objectif clair : porter le volume des échanges commerciaux et des investissements bilatéraux à 10 milliards de dollars d’ici 2030.
Dans une déclaration conjointe à la presse, le président Abdelmadjid Tebboune a notamment annoncé l’ouverture des négociations autour d’un accord commercial préférentiel portant sur une liste ciblée de produits, estimant que ce mécanisme donnera une nouvelle impulsion aux échanges entre les deux pays.
« Nos relations reposent sur une profondeur historique et un héritage culturel commun », a souligné le chef de l’État algérien, mettant en avant une coopération qui connaît « une dynamique croissante » dans plusieurs secteurs stratégiques.
Plusieurs accords et mémorandums d’entente ont ainsi été signés dans des domaines variés, notamment l’industrie, le commerce, l’agriculture, les transports, les médias et la poste, traduisant la volonté des deux capitales de diversifier leurs partenariats économiques.
Le président algérien a également insisté sur l’importance d’élargir cette coopération vers les secteurs d’avenir, notamment les énergies renouvelables, les mines, l’industrie et l’agriculture, tout en renforçant les échanges culturels et humains entre les deux peuples.
De son côté, Recep Tayyip Erdoğan a rappelé que plus de 1 600 entreprises turques sont actuellement implantées en Algérie, intervenant dans des secteurs clés comme l’industrie, les mines ou encore l’agriculture.
Le président turc a particulièrement mis en avant le domaine énergétique, qualifiant la coopération avec l’Algérie de partenariat fondé sur « la fiabilité, la stabilité et la durabilité ». Il a également évoqué les perspectives de coopération dans les domaines de la sécurité alimentaire et des industries de défense.
Convergence politique sur les dossiers régionaux
Au-delà de l’économie, Alger et Ankara ont affiché une forte convergence de vues sur plusieurs questions régionales et internationales.
Le président Abdelmadjid Tebboune a ainsi condamné les « violations du droit international et du droit international humanitaire » commises par l’occupation israélienne, dénonçant également les agressions contre le Liban et les violences dans la bande de Ghaza.
Les deux dirigeants ont appelé la communauté internationale à intensifier les efforts pour parvenir à une solution juste et durable garantissant les droits du peuple palestinien, notamment la création d’un État indépendant.
Les présidents algérien et turc ont également exprimé leur rejet des atteintes à la souveraineté de la Somalie, tout en échangeant sur les situations en Libye, au Sahel et au Sahara occidental.
Selon le président de la République, les discussions autour de ces dossiers ont confirmé « l’attachement de l’Algérie et de la Turquie aux solutions pacifiques et au respect de la légalité internationale ».
Distinctions croisées entre les deux chefs d’État
Cette visite officielle à Ankara a également été marquée par un geste hautement symbolique. Le président turc a décoré son homologue algérien de l’Ordre de l’État, la plus haute distinction de la République de Turquie, saluant « ses précieuses contributions au développement des relations entre les deux pays ».
En retour, Abdelmadjid Tebboune a remis à Recep Tayyip Erdoğan la médaille de l’Ordre du Mérite national au rang d’Athir, la plus haute distinction algérienne.
Des distinctions réciproques qui traduisent le niveau de rapprochement atteint entre Alger et Ankara, dans un contexte régional marqué par d’importants enjeux géopolitiques et économiques.










